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Les règles d’art pour investir dans une ICO
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Les règles d’art pour investir dans une ICO

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Cet article est également disponible sur parlonscrypto.fr.

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Au 1er trimestre 2018, selon les données de CoinDesk ce n’est pas moins de la somme ahurissante de 6,3 milliards de dollars qui ont été levés dans le cadre d’un financement par ICO. Soit plus que le montant total prélevé sur l’année 2017 ! Vous souhaiteriez investir dans une ICO, mais ce mode de financement vous parait obscur et dangereux ? C’est vrai que l’année 2017 et 2018 a vu son lot d’arnaques liées aux ICO, de projets sans réels fondements dont le but est juste de récolter des fonds et ne plus donner de nouvelles. D’ailleurs, une étude de Newsbtc parut en 2017 que près de la moitié des 902 ICO de cette année là ont été un échec.
Heureusement, toutes les ICO ne sont pas frauduleuses et il existe des techniques simples et efficaces pour repérer les projets qui semblent solides et ne pas tomber dans les pièges. Mais avant toute chose, commençons par poser les bases.

 

1 : L’ICO : nouveau mode de crowdfunding

A : Qu’est-ce qu’une ICO ?

Comme le laisse entendre le premier titre, une ICO (Initial Coin Offering) est tout simplement une levée de fonds en cryptomonnaie. Tout comme le crowdfunding, l’objectif de celui qui met en place une ICO est de récupérer des financements afin de mettre en place son projet, son entreprise. En contrepartie, l’investisseur reçoit des jetons à hauteur de son investissement. D’où le « offering » dans le nom. Car le receveur « offre » des jetons en échange.
L’ICO à son équivalent en bourse, l’IPO (Initial Public Offering).

 

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Fonctionnement d’une ICO. Source image : cryptoast.fr

Les ICO fonctionnent sur le protocole blockchain. Certaines servent à financer des applications fonctionnant sur des blockchains déjà existantes (Ethereum, Bitcoin…) quand d’autres se veulent créer leurs propres réseaux blockchains. C’est le cas de Tezos, qui a levé en juillet 2017 l’équivalent de 232 millions de dollars ou de DomRaider.

La première ICO à avoir vu le jour est celle d’Ethereum en 2014. Le financement se faisait en Bitcoin. L’ICO a réussi à lever plus de 25 000 Bitcoins. À l’heure actuelle, c’est l’ICO de Télégram (application de messagerie) en 2018 qui a récolté le plus de fonds de l’histoire. À elle seule, elle a levé plus de 1,7 milliard de dollars.

B : Quel intérêt à investir dans une ICO ?

Une ICO vous permet d’investir dans une société qui est encore à ses balbutiements, mais qui peut avoir un potentiel de croissance prometteur. On peut dégager deux grands intérêts à investir dans une ICO :

  1. Le premier est spéculatif. L’investisseur spécule sur le fait que quand la société sera mise en place et apte à fonctionner, le jeton qu’il aura récupéré prendra de la valeur. Ainsi, l’investisseur espère en revendre tout ou partie afin de se dégager un bénéfice par rapport au prix d’achat.
  2. Enfin, le deuxième intérêt est utilitaire. L’investisseur souhaitant pouvoir utiliser les services de la société émettrice en premier en utilisant les jetons émis.

Dans tous les cas, l’investisseur mise sur la réussite du projet à plus ou moins long terme afin de pouvoir utiliser son jeton et/ou le revendre à bon prix. En effet, en prenant l’exemple du IOTA, si vous aviez participé à l’ICO fin 2015, et conservé vos jetons jusqu’à ce jour, vous auriez multiplié votre investissement de départ par plus de 500 ! Mais toutes les ICO n’ont pas connu cette chance.

C : Les risques liés à l’investissement dans une ICO

À l’inverse, si vous aviez participé à l’ICO de Cofido (application de paiement en cryptomonnaie), vous auriez perdu quasiment tout votre investissement ! En novembre 2017, l’entreprise disparaissait avec plus de 370 000 dollars. Ils se sont subitement volatilisés (réseaux sociaux Facebook et Twitter supprimés). Leur jeton est passé de 1,2 dollar à 0.01 dollar en l’espace de 8 jours. Voici l’exemple type de ce que l’on appelle un exit-scam.

ico-confido.png

Vous l’aurez compris, le risque principal d’une ICO est de faire face à une arnaque (aussi dit scam). Les créateurs d’ICO ne sont pas tous honnêtes et font parfois miroiter monts et merveilles pour au final partir avec la somme levée. Une étude de token delta révèle qu’en 2017, sur 902 ICO, 276 se sont avérées être des scams.

Enfin, même si les personnes derrière les ICO ne sont pas toutes de mauvaise foi, le projet peut tout simplement échouer. Soit pendant la levée de fonds, soit après par manque de résultat. La même étude de token delta révèle que sur ces 902 ICO, 142 ont échoués durant la phase de levée de fonds et 113 sont considérés comme étant en phase d’échec après leur lancement.
En somme, sur l’année 2017, 59 % des ICO se sont avérés être un mauvais placement.

Retenez que participer à une ICO c’est faire un pari sur la réussite d’un projet qui est encore en phase de naissance qui n’a pas encore de produit fini. Les entreprises utilisant les ICO écrivent ce que l’on appelle un « white paper ». C’est un document qui est censé détailler avec précisions le projet afin d’inciter les investisseurs à y contribuer.

C’est donc un investissement à haut risque. Mais sachez que vous pouvez diminuer ce risque. Comment ? En suivant quelques règles toutes simples.

 

2 : Les règles d’arts pour investir sereinement dans une ICO

A : Sur l’équipe tu te renseigneras

La question est simple : dans qui investissez-vous ? Chaque ICO a généralement son site web dédié. Sur celui-ci, vous devriez trouver en toute transparence les personnes qui composent l’équipe.

  •  Ces dernières ont elles une photo mise en avant ?
  • Faites une recherche de leur nom sur Google et regardez leurs profils Linkedin, Twitter et autres… Vérifier s’ils ont de l’expérience sur le projet en question, ont-ils des liens avec la blockchain ? Sont-ils seulement des nouveaux venus ?
  • Sont-ils actifs sur tous ces réseaux ?
  • Il y a-t-il des personnalités reconnues et réputées dans le monde de la blockchain ? Leurs présences sont un signe de solidité du projet même si ce n’est pas un critère décisif.
  • Enfin, il y a-t-il des personnes spécialisées dans le juridique ? Un projet contenant des spécialistes en droit et juridique gagne en sérieux et crédibilité. Ou à défaut l’équipe peut-elle compter sur l’appui d’experts juridiques ? N’hésitez pas à regarder si le site web contient un onglet sur les conditions générales.

B : Le rôle et la modalité du projet tu analyseras

Pour commencer, demandez-vous si le projet répond véritablement à un problème existant :

  • Que veut-il résoudre ? À quel besoin répond-il ?
  • Le jeton émis a-t-il une réelle utilité ? Il arrive couramment qu’un projet n’ait pas réellement besoin d’un token.

Pour répondre à ces questions, lisez les informations sur le projet contenu dans le site web de présentation de l’ICO. Puis recherchez le fameux whitepaper détaillant le projet.

  • S’il y en a un, celui-ci est-il rédigé correctement ?

Cherchez y la roadmap du projet, elle renseigne sur les objectifs que se sont fixés l’équipe dans le temps. Elle permet d’avoir une vision claire de vers où l’équipe veut se diriger. Elle témoigne aussi de la transparence et du sérieux du projet. Une roadmap floue et peu détaillée peut cacher un manque de vision claire pour l’équipe. Il est aussi important d’essayer d’évaluer la crédibilité et faisabilité des objectifs. Une roadmap trop prometteuse est à éviter.

Enfin, regardez la modalité de l’ICO :

  • Comment les jetons seront-ils distribués ? Certaines ICO libèrent les jetons juste après avoir terminé la levée de fonds. D’autres attendent plusieurs mois avant de le faire. Certaines distribuent des versions bêta avant de lancer les vrais jetons.
  • Combien de nombres de jetons l’entreprise compte-t-elle créer ? Et comment seront-ils vendus ? Plus les informations sont transparentes, plus le projet semble digne de confiance.
  • Les jetons fonctionnent-ils sous la norme ERC-20 ?
  • Enfin, l’entreprise justifie-t-elle précisément la somme demandée ? Que veut-elle en faire ? On trouve normalement facilement des informations sur la répartition des fonds. Si ces informations n’existent pas, méfiance.

Le whitepaper est le document central du projet. Il vous permet de savoir dans quoi vous mettez votre argent et doit répondre aux questions posées ci-dessus.

C : Les avis sur les forums blockchain tu regarderas

Une fois l’équipe et le projet passés en revue, n’hésitez pas à faire un tour sur les forums spécialisés parlant de blockchain. On pense à Reddit ou encore Bitcointalk. Regardez si des internautes parlent de l’ICO. Quels sont leurs avis ?
Les investisseurs intéressés posent des questions fondamentales. Une équipe sérieuse répondra par message aux questions posées sur ces forums.

D : La communauté autour du projet tu t’intéresseras

Une ICO solide doit généralement avoir sa communauté de crypto-enthousiaste et investisseurs à ses côtés. Ces derniers communiquent généralement par les outils de messagerie tels que Slack, Télégram ou encore Discord.

Regardez si les membres sont actifs ou au contraire s’ils sont mous. Une communauté active est signe d’un intérêt important envers le projet. Elle sera plus à même d’attirer les passionnés ce qui permettra de construire un effet réseau lorsque le produit sera lancé.

E : Une participation de fonds capital risque crypto (VC) tu te demanderas

Plus anecdotique, mais signe important de crédibilité : il y a-t-il un fonds d’investissement qui soutient le projet ? (exemples : Blockchain Capital ou Fenbushi). Ce critère n’est pas rédhibitoire, mais assure un projet fiable.

F : La qualité du code tu checkeras

Bon, on ne va pas se le cacher, le fait d’avoir des connaissances en code est un atout pour ce point. Néanmoins, il y a quelques petites vérifications à la portée de tous.

  • D’abord, est-ce que ce dernier est partagé sur GitHub ? Un bon projet partage son code, ce qui permet aux développeurs de la communauté de suggérer des modifications.
  • N’hésitez pas à vérifier les commentaires associés au code. Un bon code est truffé de commentaires pour en assurer la bonne compréhension.
  • Le code doit être lisible, bien aéré. Chaque fonction ne doit théoriquement pas dépasser les 50 lignes.
  • Enfin, les développeurs du projet doivent être actifs. Combien de personnes travaillent dessus ? Depuis combien de temps ? Est-ce un hard-fork ?

 

3 : Que dit le droit français concernant les ICO ?

Vous savez désormais les points à vérifier pour mesurer la crédibilité d’un projet d’ICO. Mais ce mode de levée de fonds est-il légal ?

Certains pays interdisent en effet les ICO. Heureusement en France, le gouvernement a pour ambition de faire du pays une place forte et attractive pour les investisseurs en lien avec la blockchain et les cryptomonnaies. Pour ce faire, il veut offrir un cadre souple pour ce mode de levée de fonds. Ce cadre sincère dans le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises). Ce projet de loi a été présenté au conseil des ministres en juin. Le parlement devrait l’examiner à la rentrée et normalement rentrer en vigueur début 2019.

« Nous serons les premiers au monde à avoir une réglementation ad hoc sur les ICO », s’est félicitée Anne Maréchal, la directrice des affaires juridiques de l’AMF. « Il faut attirer en France les plus beaux projets », a-t-elle insisté.

Un des objectifs du projet de loi concernant les ICO est de séparer les mauvais des bons projets. Les porteurs de projets pourront aller voir l’AMF pour obtenir une sorte de certification (établie sur des critères précis). Ce « label » permettra d’assurer la crédibilité du projet auprès des investisseurs.

« Nous sommes dans une logique de liste blanche : on n’interdira pas telle ou telle ICO, on veut pouvoir trier le bon grain de l’ivraie », a expliqué Sébastien Raspiller.

 

4 : Pour finir…

Plus les cryptomonnaies seront populaires, plus il faut s’attendre à une recrudescence du nombre d’ICO. Le plus important est de bien étudier le projet. Néanmoins, même s’il répond à tous les critères, ni vous ni l’AMF ne pourrez savoir si ce dernier fonctionnera. Donc, repensez à cette célèbre phrase « n’investissez que ce que vous êtes prêts à perdre ».

Si vous pensez que cet article peut intéresser quelqu’un, vous savez où sont les boutons de partage. Et si vous vous demandez comment participer concrètement à une ICO, vous pouvez voir ce tuto. 😉

 

Sources : Journal du coinICOmentor.netCafé de la bourse ; Cryptoast ; Vidéo YouTube ; Capital.frLaTribune.frBitcoin.fr

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